Mis en place en 2004 par quelques propriétaires suisses, le Championnat des D35 rassemble cette saison 12 catamarans monotypes sur un programme varié entre Grand Prix sur un week-end et classiques lémaniques comme le Bol d’Or…
Sur le lac Léman, les propriétaires suisses attendent le printemps pour sortir de leur hangar des engins à voile absolument extraordinaires : monocoques de quinze mètres avec douze équipiers au trapèze, anciens monotypes lémaniques, ex-trimarans Formule 40 boostés de voilure. La voile helvète se démarque de celle des autres nations maritimes par ses innovations technologiques et ses débauches de voilure, conséquence d’un plan d’eau souvent asthmatique. Mais pour réguler les excès du troisième millénaire, les aficionados du multicoque se sont entendus pour créer une nouvelle Classe : les D35. Inauguré il y a cinq ans, le circuit est uniquement concentré sur le lac Léman au printemps et à l’automne pour profiter des bises des montagnes. Alain Gautier sur FONCIA Switzerland entame sa troisième saison avec l’ambition de s’imposer face à 11 équipages extrêmement affûtés…
Alain Gautier, comment êtes-vous venu à participer au Challenge des D35 ?
« J’étais partenaire de plusieurs propriétaires d’un D35 en 2004 mais il y a eu des problèmes au sein du projet et nous n’avons pas pu courir. Comme la société FONCIA a racheté un groupe immobilier en Suisse, c’était l’opportunité de monter un projet FONCIA Switzerland dès 2006 à Genève : le catamaran D35 répondait parfaitement à cette attente… »
Comment décrire ce catamaran de lac ?
« Le D35 est un très joli bateau, très technique, sympa à naviguer : c’est un monotype d’un peu plus de dix mètres. Démonté pour l’hiver, nous n’avons le droit d’effectuer aucune modification ce qui rend la série très simple : nous arrivons trois jours avant les épreuves, remontons le bateau et nous naviguons ! Le budget est donc réduit et nous pouvons tout faire à bord par nous-mêmes. »
Quelles sensations sur ce multicoque spécifique du lac Léman ?
« C’est un catamaran très léger et très toilé qui doit naviguer autant par trois nœ uds de vent que par vingt-cinq nœ uds car cela arrive sous les grains ! Ce sont des bateaux qui deviennent très pointus à faire marcher au-dessus de vingt nœ uds de vent et parfois, ils chavirent ! Au portant sous gennaker avec le faible volume des flotteurs, c’est très technique… »
Organisé par l’association des multicoques de compétition suisse, les courses de D35 se déclinent toutes sur le lac Léman de mai à octobre intégrant les grands rendez-vous comme le Bol d’Or avec des Grand Prix dédiés à ces catamarans extrêmes. Le Challenge Julius Baer a été créé spécialement pour cette classe et regroupe ainsi cette saison huit épreuves sur un à trois jours. Les régates consistent en plusieurs allers-retours entre deux bouées positionnées dans l’axe du vent mais comprennent aussi deux grandes courses lémaniques : la Genève-Rolle Genève (50 milles, record : 2h 19’ 31’’) et le Bol d’Or Mirabaud (80 milles, record : 5h 01’ 51’’)