Mis en place en 2004 par quelques propriétaires suisses, le Championnat des D35 rassemble cette saison 11 catamarans monotypes sur un programme varié entre Grand Prix sur un week-end, régates méditerranéennes, et classiques lémaniques comme le Bol d’Or…
Sur le lac Léman, les propriétaires suisses attendent le printemps pour sortir de leur hangar des engins à voile absolument extraordinaires : monocoques de quinze mètres avec douze équipiers au trapèze, anciens monotypes lémaniques, ex-trimarans Formule 40 boostés de voilure. La voile helvète se démarque de celle des autres nations maritimes par ses innovations technologiques et ses débauches de voilure, conséquence d’un plan d’eau souvent asthmatique. Mais pour réguler les excès du troisième millénaire, les aficionados du multicoque se sont entendus pour créer une nouvelle Classe : les D35.
Véritables Formule 1 du lac, les D35 sont des petits bijoux de technologie. Dotés d’une peau de carbone de moins d’un millimètre d’épaisseur et d’une coque centrale qui ne touche pas l’eau pour soutenir le mât, ces catamarans de 10,81 mètres ont toutes les caractéristiques des voiliers rapides, énergiques et excitants. Construits en série, avec une surface de toile équivalant à un appartement de 160 m² au près, et un rapport poids/puissance exceptionnel, ces engins sont conçus pour démarrer au quart de risée. Dès 3 nœ uds de vent, ils commencent à filer pour ensuite très vite atteindre plus de 20 nœ uds en vitesse de pointe. Très évolutives, ces fusées à voiles constituent le support idéal pour un championnat qui s’affirme depuis 2004 comme le rendez-vous incontournable des fondus de vitesse et autres toqués du multicoque.
Michel Desjoyeaux
« Il y a un double objectif à travers cette participation au championnat D35. Bien préparer la suite du programme FONCIA, avec la réception, à la fin août, du MOD 70 N°3, avec lequel on va naviguer pendant trois ans sur un programme océanique. Le D35 permet de revenir en multicoque, et l’équipage, réuni pour cette saison 2011, servira de base de réflexion. Il s’agira de travailler la cohésion, de créer des automatismes et de mettre de l’huile dans les rouages ! Mais l’enjeu est également sportif sur un championnat hyper-disputé sur lequel FONCIA, avec Alain Gautier, est déjà présent depuis plusieurs années sur le podium. Le Léman ne constitue pas seulement un spot d’entraînement, c’est aussi clairement un spot de compétition. Pour avoir déjà disputé quelques épreuves avec Alain, notamment le Bol d’Or, je sais que c’est du très haut niveau. Il faut se bagarrer et c’est pour cela qu’on se prépare et qu’on s’entraîne : d’abord entre nous, puis avec les autres équipages. On a repris le bateau cet hiver en chantier pour le remettre propre avec une nouvelle déco. »
Ce championnat,
qui alterne parcours « banane » et côtiers, se compose de grandes classiques lémaniques et de régates uniquement destinées aux Décision 35. Devenu très professionnel au fil des années, il rassemble aujourd’hui autant de virtuoses du catamaran de sport et de la voile olympique, que de grands noms de la course océanique. Tous se disputent jusqu’à la dernière manche de l’ultime épreuve (sur sept au programme), les points du classement. Petite nouveauté, qui ne manque pas de sel, pour cette nouvelle saison à bord des D35 qui peuvent courir jusqu’à 22 nœ uds de vent : le Championnat Vulcain Trophy (ex-Challenge Julius Baer), après les incontournables rendez-vous lacustres rejoindra, à l’automne, les eaux de la Grande Bleue. De quoi augurer deux dernières épreuves méditerranéennes, à Beaulieu-sur-Mer puis Antibes, sous haute tension et particulièrement relevées. Les régates, de un à trois jours, consistent en plusieurs allers-retours entre deux bouées positionnées dans l’axe du vent mais comprennent aussi deux grandes courses lémaniques : la Genève-Rolle Genève (50 milles, record : 2h 19’ 31’’) et le Bol d’Or Mirabaud (80 milles, record : 5h 01’ 51’’).