06/11/2008 - "C’est simple : on va y passer trois mois à peu près…"Michel Desjoyeaux : « C’est simple : on va y passer trois mois à peu près… Un mois pour la descente, un mois dans les mers du Sud et un mois pour la remontée. C’est facile à suivre… C’est bien fait quand même, non ? » (Rires) Explications…
La descente Atlantique… Pas évident de tirer son épingle du jeu et ce, dès le coup de canon libérateur. Avant de mettre le cap au Sud, il faut déjà traverser le Golfe de Gascogne réputé costaud et contourner le Cap Finisterre (Espagne) avec sa remontée des fonds océaniques. Direction les alizés de Nord-est où les grandes voiles d’avant s’imposent et offrent les premières glissades à haute vitesse. Les poissons volants ricochent sur les casquettes… Les premiers coups tactiques créent la différence, certains bateaux lâchent prise avant d’attaquer le traditionnel Pot au Noir et ses vents erratiques. On étudie, on réfléchit, on se lance et on tente de contourner dans la foulée l’anticyclone de Sainte-Hélène, calé le long des côtes africaines. Penser à ne pas trop mettre d’Ouest dans son parcours, juste histoire de ne pas trop allonger sa route... Il y a des coups à faire. Tous le savent… Vigilance et réactivité seront les clés vers la porte d’entrée dans les mers du Sud. Le Cap de Bonne-Espérance approche. Les trains de dépression se présentent, le « pays de l’ombre » de Titouan Lamazou est là, devant…
Tel un derviche tourneur, les tempêtes gravitent autour du continent Antarctique et vous accrochent, vous accompagnent et vous quittent. Ciel bas, vents violents, mer cassante, les albatros entrent dans la danse, le matériel est soumis à rude épreuve, le moral aussi. Il faut durer tout en glissant le plus vite dans la bonne direction. Le but du jeu est simple : descendre Sud pour raccourcir sa route au maximum sans croiser celle des glaces, même si des « portes » imposées par l’organisation sont là pour calmer la prise de risques. Le Cap Leeuwin est doublé et la longitude de la Tasmanie est visée. L’Océan Pacifique - qui n’en a que le nom - est devant l’étrave, le « redouté » Indien est alors derrière. Soi-disant plus ordonné, le Pacifique vous ouvre ses longs trains de houle. Les glaces sont tout aussi présentes et viennent flirter avec des latitudes très Nord. Pas top… Le cap suivant est légendaire : le Horn. Ce bout de terre chilien, véritable entonnoir entre le continent américain et antarctique, héberge une houle tendance XXL et concentre des vents pouvant être violents. Méfiance… et photo ! Une porte de sortie aussi redoutée qu’appréciée : la délivrance est pour bientôt, les épaules tombent, la fatigue tant nerveuse que physique se fait sentir…
On la croît facile et pourtant ! Cette remontée atlantique est le piège absolu. Les machines sont usées, les hommes sont lessivés et rien n’est joué ! Les températures remontent, les albatros vous tournent le dos, mais le vent arrête de vous pousser quand il ne joue pas aux abonnés absents. En clair : les allures de près reprennent du service, la vie à bord redevient penchée, le vent s’essouffle. Les gréements n’aiment pas ce soudain retournement de situation et la navigation devient complexe. Ne pas s’endormir sur ses milles d’avance. Ici, les écarts font le yo-yo et l’histoire l’a prouvé : tout est encore possible ! Pénible cette remontée le long des côtes brésiliennes où l’appel de la samba vous torture après plus de deux mois d’isolement. Le Pot au Noir est là aussi… Nouveau passage à niveau. On ressort alors les polaires quittées deux semaines plus tôt, les systèmes dépressionnaires reprennent du service. L’hiver est là, n’oublions pas ! Accrocher les vents d’Ouest est alors la porte de sortie. Nouveau coup de pied aux fesses au programme. On arrondit l’approche vers la côte vendéenne, quitte à augmenter les derniers milles à parcourir. Pas simple et dur à expliquer aux terriens. La terre est maintenant là. Tiens, quatre saisons ont défilé en trois mois…
Les grandes règles
Les temps références du Vendée Globe 2004/2005
Les 5 précédents vainqueurs
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